Université
Paul Valéry, Montpellier
RedOc
(Recherches en Domaine Occitan) et Centre d’Etudes Occitanes)
Colloque
« L'ECOLE FRANCAISE ET LES LANGUES REGIONALES ».
Montpellier
– 13 et 14 octobre 2006- Appel à communications
Lorsque l'Etat entreprend, au XIXe siècle, de lutter contre l'analphabétisme des classes
populaires, il doit affronter - prenant la suite d'ailleurs de l'Ancien Régime
et de l'Eglise de la Contre-Réforme -, un fait tout
simple : les élèves que l'école reçoit ne connaissent pas, ou mal, la langue
« nationale », le français. Leurs parents ne la connaissent pas
davantage -souvent encore moins d'ailleurs-et il
n'est même pas sûr que les instituteurs des premiers temps l'aient tellement
maîtrisée eux mêmes. La question de la langue est donc centrale dans le
processus d'alphabétisation des petits Français. Pas seulement parce que c'est
la langue du savoir tel que les maîtres le dispensent, mais aussi, et sans
doute surtout, parce que c'est la langue de l'Etat, de ceux qui sont aux
commandes de cet Etat, que c'est la langue qui doit servir de véhicule à la
diffusion de l'idéologie nationale dont la France a besoin. Sans oublier
qu'au-delà du mythe rassurant de l'égalité entre tous les citoyens, c'est
aussi, pour reprendre l'expression de Pierre Boutan, « la
langue des Messieurs », celle des maîtres du jeu social.
Dès
lors se pose une question : que faire de la langue, (des langues) que les
enfants apportent avec eux à l'école ? L'interdire de séjour ? Réprimer ceux
qui l'utilisent au mauvais endroit et au mauvais moment ? On pense aussitôt ici
au signal, au symbole, à toutes les punitions et humiliations inventées pour
bien faire comprendre au petit "patoisant" qu'il devait abandonner
son "patois". Tout bien sûr ne se résume pas à cette attitude répressive,
assez répandue toutefois. Certains enseignants ont essayé de concilier
indispensable apprentissage du français et prise en compte de l'héritage
linguistique de leurs élèves -même si c'était assurément plus facile en pays de
langue romane qu'en Bretagne ou au pays basque par exemple.
Mais jusqu'à quel
point cette utilisation éventuelle du "patois" au service de
l'apprentissage du français a-t-elle été pensée, linguistiquement,
pédagogiquement ?
Change-t-elle vraiment
le rapport entre langue de l'école et langue de la société ambiante, quand il
ne s'agit pas de la même ?
Quel effet a pu avoir
sur les enfants la façon dont leurs maîtres géraient ce rapport ?
A l'inverse, comment
apprécier l'accusation identifiant la défense des patois à une hostilité de
nature politique vis-à-vis d'une langue française portant toutes les idées
nouvelles ?
Tous les défenseurs
des "patois" étaient-ils inspirés par le seul désir de protéger les
enfants contre une acculturation trop brutale ?
Ces
questions ne sont pas nouvelles, et elles ont suscité des travaux de valeur,
dans différentes régions de France. On commencera à confronter des recherches
portant sur les divers moyens mis en œuvre par l’école pour promouvoir l’usage
de la langue nationale en différents points du territoire français et sur les
effets directs que ces moyens ont pu avoir sur la représentation et la pratique
des diverses langues de France. Cette problématique fera l'objet d'un premier
colloque
Mais on pourra aussi
envisager, pour plus tard, un second niveau de questionnement, concernant cette
fois-ci, au second degré en quelque sorte, les recherches qui depuis maintenant
assez longtemps portent sur ce thème : entre les dénonciations indignées du
"symbole", les discours tendant à démontrer que somme toute ce
n'était pas si grave, sans parler de ceux qui ne se posent même pas la
question, la place de la problématique de la langue dans la littérature
concernant l'histoire de l'école mérite elle aussi d'être interrogée, à la
lumière des idéologies qui structurent les discours qu'elle suscite.
Car on l'aura compris, il ne s'agit
pas ici de faire le procès de l'école française, opposant procureurs et avocats
tous plus éloquents les uns que les autres. Il s'agit d'analyser comment la
question de la langue à/de l'école renvoie à des problématiques -sociales,
idéologiques, culturelles, bien plus générales.
Comité scientifique : Carmen Alén-Garabato (Université Paul Valéry) Arlette Bothorel-Witz (Uiversité Marc
Bloch, Strasbourg) Pierre Boutan (UFM Montpellier) Fanch Broudic (Université de
Brest), Jacques Fusina, (Université de Corte) Philippe Gardy
(CNRS, Université Paul Valéry), Christian Lagarde (Université de Perpignan),
Hervé Lieutard (Université Paul Valéry), Philippe
Martel, (CNRS, Université Paul Valéry), Xavier North (Délégué
Général à la langue française et aux langues de France), Bernard Oyharçabal (CNRS, Université Pau-Bayonne),
CNRS, Jean Salles-Loustau (Inspecteur Général), Marie-Jeanne VERNY (Université Paul Valéry)
Comité d’organisation : Carmen Alén-Garabato, Pierre Boutan,
Gérard Gouiran, Philippe Gardy,
Hervé Lieutard, Philippe Martel, Claire Torreilles, Marie-Jeanne Verny.
Secrétariat colloque : Hervé Lieutard (Herve.Lieutard@univ-montp3.fr) et Marie-Jeanne Verny (mjvb@wanadoo.fr).
Les propositions de communications seront
reçues par courrier électronique avant fin avril, sous la forme d’un titre et
d’un résumé de 15 à 30 lignes. Elles seront examinées par le comité
scientifique entre le 30 avril et le 15 juin.
La programmation définitive du colloque sera
arrêtée fin juin.
Nous envisageons une publication des Actes du
colloque. Les intervenants seront donc priés de fournir le 13 octobre au plus
tard le texte définitif de leur communication : sortie papier + disquette
ou fichier joint par internet.