
Communiqué de l'UGB, le 31/10/2005 Propositions d’UGB pour l’amélioration de l’enseignement du / en breton.
Information
L’information sur l’enseignement optionnel doit être simplifiée. Les options représentant un apprentissage de langue (deux heures hebdomadaires minimum) doivent être clairement identifiées. La plaquette d’information éditée précédemment par les services du rectorat n'a pas connu le succès escompté. La principale raison est qu'il s'agit d'une photographie de l'état existant et donc par nature obsolète à peine éditée. De plus, sa distribution pose problème: pour qui ?, par qui ? Le public ciblé, ainsi que le mode de diffusion n’avaient pas été suffisamment bien définis. Plutôt qu'une présentation des sites existants, il serait plus intéressant de présenter l'intérêt pour une famille d’inscrire son enfant en filière bilingue. L’information sur les filières bilingues doit donc prendre en compte les avantages du bilinguisme précoce et expliquer le fonctionnement des classes et écoles en s’appuyant sur les dernières évaluations et avancées de la recherche. Elle doit être incitative et s’adresser à des familles ayant de jeunes enfants (moins de trois ans). Elle doit pouvoir être diffusée largement dans un secteur où l’ouverture d’un site est pressentie lors notamment des réunions d’information, mais également dans tous les secteurs s’occupant de la petite enfance (PMI, crèches…). Elle doit aussi être disponible dans les écoles accueillant des classes bilingues à destination de toute nouvelle famille. Les réunions d’information en direction des familles potentielles doivent s’organiser dans les écoles à l’initiative des administrations concernées en relation avec les associations de parents et d’enseignants. D’autres réunions d’information, internes, auront pour but d’informer les enseignants et leurs syndicats représentatifs de la création d’une filière. Il est important, pour éviter que ne naissent d’éventuels conflits dommageables à la création de sites, que les textes officiels régissant l’enseignement bilingue soient largement diffusés et connus des équipes enseignantes. Le cursus en filière bilingue doit être identifié et présenté de l’école maternelle au lycée. Un travail de fond doit être organisé par pays, en relation avec les associations de parents et d’enseignants, les ententes de pays et les communes, pour que, une fois la demande parentale exprimée et vérifiée, le projet puisse aboutir rapidement. Premier degré Pour créer un site nouveau, un consensus large doit être dégagé. Une réflexion générale doit être mise en place afin de dégager le site qui réunit le plus d’avantages pour l’accueil d’une filière bilingue. De nombreux paramètres sont à prendre en considération : a) L’avis des équipes municipales d’un pays considéré ou d’une communauté de communes qui paraît représenter un territoire cohérent. Toutefois, dès lors que les locaux existent et que les effectifs le justifient, un avis négatif ne peut représenter une fin de non-recevoir. b) La présence d’autres filières bilingues. - A l’intérieur d’un même système : Pour que les équipes d’enseignants se stabilisent, et étant donné qu’il s’agit de jeunes enseignants dont l’expérience demande à être consolidée, il est souhaitable qu’une filière bilingue dispose d’au moins quatre classes pour le même site. Cela permet en outre la consolidation des acquis par les enfants (échanges classe à classe) ainsi que l’utilisation du breton comme vecteur de communication, condition pour un enseignement efficace. Il n’est pas souhaitable que la (les) classe(s) bilingue(s) soient « noyées » dans des ensembles monolingues trop importants. - Entre systèmes différents: Les filières n’entrent pas directement en concurrence. La filière Diwan répond à un projet immersif et se constitue dans des écoles à part entière. Dans le Morbihan, on peut observer que la création de classes bilingues dans un système stimule la création dans un autre. Toutefois, il n’en est pas de même partout. Pour certaines familles ce qui compte le plus est la proximité. Une règle commune valant sur tout le territoire breton semble donc difficile à dégager. L’histoire locale associée à une large concertation de tous les acteurs doit permettre la création « intelligente » de nouveaux sites. L’idéal étant à terme, les effectifs le permettant, de proposer le choix aux familles. Dans tous les cas, la création d’un nouveau site ne doit pas déstabiliser un site existant et mettre en péril la qualité de l’enseignement qui y est dispensé. c) L’environnement rural ou urbain La création de filière bilingue en milieu rural doit s’appuyer sur un réseau d’écoles. La classe ou l’école ainsi créée doit représenter un « plus » pour la commune d’accueil -et pour la communauté de communes considérée- dans l’offre d’enseignement. Le financement ne peut incomber à la seule commune d’accueil. L’exemple du Conseil Général du Finistère octroyant des subventions lors de la création de sites et/ou de classes bilingues est à ce titre exemplaire. Les communautés de communes devraient pouvoir prendre en charge les dépenses de fonctionnement. La création en milieu urbain doit permettre la diversification de l’offre et couvrir le territoire de la ville considérée. d) Les locaux disponibles Jusqu’à présent, les classes et écoles bilingues ont été accueillies dans des locaux existants, laissés vides par d’autres, voire parfois désaffectés et ne répondant pas toujours aux normes de sécurité. La constitution en réseau, la stratégie de maillage ainsi que la montée en puissance nécessite la construction de locaux neufs répondant à la demande d’une pédagogie de qualité, moderne et ouverte. Second degré Le second degré représente aujourd’hui le point faible des filières de l’enseignement public et privé : une déperdition d’effectifs de l’ordre de la moitié des élèves est constatée. Diwan se trouve quant à elle confrontée à un manque crucial de locaux, empêchant son développement et pouvant mettre en péril l’efficience de sa pédagogie. Il est donc urgent de permettre le développement des filières au collège et au lycée quel que soit le système considéré. En ce qui concerne les filières bilingues dites « à parité horaire », le recul dont on dispose aujourd’hui permet d'avancer qu’il ne faut pas installer les filières dans de « gros » collèges. La filière bilingue doit représenter également un « plus » dans l’offre d’enseignement des petits collèges, surtout en milieu rural. La présence du breton comme langue véhiculaire doit y être affirmée, implication de l’équipe administrative, personnels TOS bretonnants, affichages…ce qui est plus facile à mettre en œuvre dans de petits collèges. Les adolescents doivent se sentir intégrés (éviter de mettre le professeur d’histoire-géographie en français comme professeur principal, ce qui est souvent le cas… éviter de placer les heures d’enseignement de breton en début ou fin de journée….). La mise en réseau de plusieurs collèges doit être étudiée : regroupement des enseignements bilingues sur un site, enseignements en français dans le collège de proximité. Le personnel enseignant doit être affecté dans ces collèges à hauteur des besoins. Toutes les matières d’enseignement peuvent être concernées en fonction des ressources existantes dans les collèges et/ou de la facilité à y mettre en œuvre tel ou tel enseignement pour atteindre la parité horaire. Enfin, seul un transport direct de l’école bilingue au collège concerné peut éviter l’érosion des effectifs. La liaison avec les services des Conseils Généraux est essentielle sur ce point. Toutes les familles ne souhaitent pas que leur enfant soit en internat dès la sixième et doivent pouvoir disposer d’un suivi de filière mis en place par l’administration et les services concernés, sans avoir à faire preuve d’un militantisme particulier. La filière à parité horaire doit pouvoir mettre l’enseignement en breton à portée de tous. De même qu’en collège, la poursuite en lycée doit être identifiée. La création de filières doit se faire en fonction de la montée en puissance des effectifs. Des aides aux familles doivent être envisagée par la Région. L’enseignement optionnel, et notamment le volet culture et civilisation, souffre aujourd’hui de la multiplication d’options offertes dans le second degré. Il semblerait utile de resserrer les moyens dévolus à l’enseignement du breton sur l’option LV1 bis de la sixième à la troisième. La qualité de l’enseignement est essentielle pour maintenir les options. En ce qui concerne l’organisation du service des enseignants, il est nécessaire de limiter le nombre d’établissement dans lequel ils ont à intervenir et tenir compte de l’implantation des sites, ceci afin de préserver la qualité de l’enseignement. Dans tous les cas, le débouché sur des épreuves à l’examen (brevet des collèges, baccalauréat) permet de valider les enseignements de/en breton. Armelle Ar C’hozh, présidente d'UGB, le 31/10/05 |