Délibéré du TA de Strasbourg en date du
02.02.05...donnant satisfaction aux parents requérant contre le maire de
Rosheim pour refus d'inscription en classe maternelle bilingue.
Après contact téléphonique auprès de Jean-Marc MULLER, parent d'élève et initiateur
de la requête, il ressort que :
1° Le TA a estimé que le choix éducatif des parents primait sur toute autre
considération.
Les parents avaient fait valoir l'article 111.2 du Code de l'Éducation :
L'Etat garantit le respect de la personnalité de
l'enfant et de l'action éducative des familles.
2° Conséquemment, le TA a estimé que :
- l'existence ou non d'une section bilingue faisait partie des critères de
capacité d'accueil d'une école communale,
- en cas de non-existence d'une telle section dans la commune de résidence d'un
enfant, le maire d'une commune voisine dont l'école publique offre cet
enseignement ne peut faire de considérations financières le préalable à
l'inscription de cet enfant dans la filière bilingue de sa commune.
S'il estime ne pas disposer de la capacité matérielle
d'accueil, il ne peut pas non plus refuser une telle inscription de son propre
chef : il lui appartient d'abord d'en faire la preuve devant le Tribunal
Administratif ; En tout état de cause, une telle requête de sa part ne peut
être suspensive de l'inscription de (des) élève(s) concernés dans la section
bilingue.
3° Le maire de la commune dont l'école publique dispose d'une filière bilingue
est donc tenu d'inscrire dans celle-ci les enfants dont la commune de résidence
n'offre pas cette possibilité.
Ce n'est qu'ensuite qu'il lui appartient de convenir avec la commune de
résidence du montant de sa participation à ce que les Alsaciens appellent
apparemment les frais d'écolage.
4° En cas de litige entre les deux communes sur la participation à ces frais et
sur leur montant, chacune d'elles peut en appeler à l'arbitrage de l'autorité
de tutelle, c'est à dire au préfet ou à son représentant. Mais en aucun cas
un tel litige ne peut avoir pour conséquence le refus ou l'annulation de
l'inscription d'un enfant dans la section bilingue.
Les parents alsaciens requérant dans cette affaire attendent désormais
sereinement l'échéance d'un mois impartie par le TA à la commune de
Rosheim pour adopter les arrêtés d'inscription des enfants dans la
filière bilingue.
JM MULLER estime qu'il y a peu de chance que le maire de Rosheim fasse appel en
pénal : compte tenu du dossier, il aurait trop à perdre.
Dans un mois donc, en l'absence de tout recours du maire de Rosheim - ou du
Commissaire du Gouvernement - le Jugement de Strasbourg fera
jurisprudence sur tout le territoire de l'Hexagone...
MM Les Maires de Lannion, Paimpol et Pabu n'auront donc plus qu'à inscrire les
enfants des communes voisines dans les sections bilingues publiques de leurs
communes respectives et à se débrouiller avec le Préfet pour faire payer les
communes voisines, la CDC ou le nouveau Pape.
En cas d'obstruction, il faudra qu'aussitôt les familles concernées déposent
une requête en TA.( Dans le cas de Strasbourg il aura fallu près de 10 mois
entre le dépôt de la requête et l'énoncé du jugement)
On retiendra pour l'histoire que, dans cette affaire, le Commissaire du
Gouvernement a cherché à faire invalider la requête des parents en arguant de
l'absence de statut légal, voire du caractère anticonstitutionnnel de
l'enseignement bilingue... Ce qui est un peu fort quand on sait que les arrêtés
et circulaires réglementant l'enseignement bilingue public ont survécu à la
moulinette du Conseil d'État dans son arrêt du 29.11.02.